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communication boundaries


communication boundaries
Information sur la photo
Copyright: Marine Rebillout (eversmile) Gold Star Critiquer/Gold Star Workshop Editor/Gold Note Writer [C: 322 W: 104 N: 384] (2346)
Genre: Gens
Média: Couleur
Date de prise de vue: 2008-08-18
Catégories: Vie quotidienne, Transports, Moment décisif
Versions: version originale
Date de soumission: 2008-09-05 15:58
Vue: 309
Points: 10
[Ligne directrice - Note] Note du photographe
Version française:

Autrefois, j'aimais le train. Les compartiments, la surprise de leur remplissage au fil des arrêts, leur intimité, ... et puis les bruits, les grincements, les chuintements sur les rails. J'en savourais les nuances sonores durant les voyages de nuit en particulier, quand je n'arrivais pas à dormir, trop exaltée par la perspective du voyage. Mais avec l'avènement du TGV, le charme a été rompu. En fait, les trajets de nuit ont simplement été supprimés. Et les compartiments ont cessé d'exister, remplacés par ces rangées en rangs d'oignons de zombies barricadés derrière leurs périodiques, accrochés à leurs ordinateurs portables, sanglés à leur I-pod et hermétiques à toute conversation...
L'horreur !

Je me souviens encore de ce garçon avec lequel on avait partagé une barre de céréales, un soir dans le sas d'entrée du train Paris-Bordeaux, et avec lequel, après deux-trois heures de discussion, tombant franchement de sommeil, on avait trouvé deux places assises face à face dans le même compartiment. Un peu plus tard dans la nuit, deux personnes sont descendues en même temps, nous permettant de nous allonger chacun sur une demie-banquette, toujours l'un en face de l'autre. Curieusement, on s'est endormi en se tenant la main. A Poitiers, il l'a lâché pour prendre ses bagages, et m'a glissé un baiser sur la joue avant de quitter le compartiment... J'ai à peine ouvert les yeux...C'est resté comme un rêve.

Ou encore, au tout début du TGV, de mon voisin de siège qui voyageait avec son violoncelle et qui, devant ma curiosité, n'a pas hésité à donner dans le sas un concert en mon honneur.

Mais tout ça est bien loin aujourd'hui.
Je n'ai retrouvé un charme aussi puissant à voyager en train qu'avec les trains indiens, où la pagaille succède si brusquement à l'apathie, et où l'inconfort le dispute à la grâce, à chaque sensation...

Un charme que dArpAn décrit bien avec son Here She Comes

D'ailleurs, j'ai une autre petite anecdote. Je revenais d'Inde justement, et descendais de Paris jusqu'à Dax. Refroidie par mes vaines tentatives pour lier conversation avec autrui, effarée même par l'indifférence générale, je décidais de m'installer sur un siège à côté de la porte, dans le sas d'entrée. Autrement dit, déçue par mes compatriotes, j'allais bouder comme une mysanthrope dans mon coin.

Je n'avais pas fini de m'indigner! Les gens entraient, ne disaient pas bonjour, ne fermaient pas la porte derrière eux, bref, aucun savoir vivre! Du premier au troisième arrêt, ça a été la même chose. A chaque fois, je me relevais pour aller fermer la porte, de plus en plus en colère. A l'arrêt suivant, je ne sais pas pourquoi, je devais être un peu plus rêveuse, j'ai oublié de me lever avant le départ du train. Et là, sous mes grands yeux ébahis, j'ai vu la porte se refermer toute seule! Bon sang! J'avais complètement oublié que la fermeture automatique des portes, ça existait! Après deux mois et demi de séjour en Inde, à traverser le pays dans des tortillards (54 H de train sur des banquettes en bois de Agra à Madras), mon esprit avait totalement expurgé cette possibilité!

...


Cette fois-ci, il y a quelques semaines, je n'avais pas pris le train depuis un bout de temps. Je craignais de m'ennuyer. Heureusement, j'avais mon appareil photo et mon voisin de siège, bienveillant, s'est gentiment prêté à ma lubie de photographier son reflet dans la vitre. Malheureusement, la batterie a rendu l'âme peu après et le voyageur est descendu à sa station: Gannat. Alors, à regret, après avoir scruté les visages environnants en espérant y déceler un peu d'envie de communication, et sans avoir rien vu... je me suis rabattue sur mon livre (un roman indien)...

English version:

Formerly, I was used to like the train. The compartments, the surprise of their filling at each stop, their intimacy... and also the noises, the squeakings, the swish on the rails. I was enjoying all these sound nuances during the night trips in particular, when I could not manage to sleep, too exalted by the prospect of the journey. But with the advent of the TGV (high speed train), the charm has been broken. In fact, the night journeys were simply removed. And the compartments ceased to exist, replaced by these lines in rows of zombies barricaded behind their periodicals, fixed on their laptops, strapped in their I-pod and hermetic with any conversation…
How horrible!

I still remember of this boy with whom I had shared
a cereal piece, one evening in the hopper of the Paris-Bordeaux train, and with whom, after 2-3 hours of discussion, falling frankly into sleep, we had found two seats face to face in the same compartment. A little later in the night, two people went down in same time, allowing each of us to lengthen on a half-bench, each other always at the opposite. Curiously, we falled into sleep hand in hand. In Poitiers, he released it to take his luggage, and slipped an innocent kiss on my cheek before leaving the compartment… I hardly opened the eyes… It remained like a dream.


Or, even, at the beginning of the TGV, of my neighbor of seat who was travelling with its violoncello and who, in front of my curiosity, did not hesitate to give a concert in the hopper in my honor.


But all that is quite far today.
I only found such a powerful charm to travel by train with the Indian trains, where the disorder succeeds so abruptly to the apathy, and where the discomfort disputes it to the grace, in each sensation...

A charm that dArpAn describes well with its Here She Comes

Besides, I have another small anecdote. I was returning from India precisely, and was travelling down from Paris to Dax. Cooled by my vain attempts to bind conversation with others, frightened even by the general indifference, I decided to settle down on a seat beside the door, in the hopper. In other words, disappointed by my compatriots, I was going to be sulky like a misanthrope in my corner.

I had not finished to be indignant! People were entering, without saying hello, did not close the door behind them, in clear: no manners! From the first to the third stop, that was the same thing. Each time, I was getting up to go to close the door, more and more angry. At the following stop, I do not know why, I was a little ftramy, maybe, I forgot to get up before the departure of the train. And there, under my largely opened eyes, I saw the door being closed alone, automatically ! Goddam! ! I had completely forgotten that the automatic closing of the doors existed! After two months and a half of stay in India, to cross the country in local trains (54 H of train on wooden benches from Agra to Madras), my spirit had completely expurgated this possibility!

...

This time, a few weeks ago, I had not taken the train since a while. I was feared to be bored. Fortunately, I had my camera with me and my neighbor of seat, benevolent, nicely took part to my whim to photograph his reflection in the pane. Unfortunately, the battery died shortly after and the traveller went out at his station: Gannat. There then, with regrets, after having scanned the surrounding faces, in the hope to detect a small desire of communication, and without having seen any sign of that sort... I folded back myself on my book (an Indian novel)...

clio, delkoo, jjcordier, P-S-I-G trouve(nt) cette note utile
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Discussions
Enchaînement de réflexionsInitiateur de la discussion Messages Modifié
A dilane: Le voyage passe plus vite...eversmile 1 09-10 15:15
A Flavia: C'est ce qu'on apelle se mettre au vert...eversmile 1 09-10 14:55
A jjcordier: Tache blancheeversmile 1 09-08 09:13
A clio: Irun-Lisbonneeversmile 1 09-06 01:06
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Critiques [Translate]

  • Great 
  • clio Gold Star Critiquer/Gold Star Workshop Editor/Gold Note Writer [C: 1554 W: 160 N: 2677] (12677)
  • [2008-09-06 1:18]
  • [+]

Salut Marine,
Très belle note... mais il reste encore des trains de nuits à compartiments, des vrais, des comme avant. Je te conseille le Irun/Lisbonne tellement mieux que l'avion (mais ça revient + cher qu'un low cost). Bavardages assurés avec les Portugais, magie de la nuit où les hauts-parleurs des gares égrainent les noms de ville espagnoles puis portugaises... petit déjeuner dans un vieux wagon restaurant ouvert sur la campagne portugaise, arrêt dans des petites gares où montent les gens qui vont travailler à la gare suivante...
Bon, je délire déjà malgré mes 6 ou 7 semaines de vacances!
Revenons à ce compagnon de voyage. Tu signes un très beau portrait (pas simple les photos dans le train!) J'adore ce reflet de végétation qui apporte la sensation de vitesse et qui semble imprimé sur le tee shirt. C'est à la fois très doux et dynamique et original!
Bravo et bises
Diane

  • Great 
  • delkoo Gold Star Critiquer/Gold Star Workshop Editor/Gold Note Writer [C: 4029 W: 239 N: 5338] (26133)
  • [2008-09-07 1:49]

bonjour marine
j'ai du mal a comprendre le fonctionnement de site et de ses visiteurs!!!
ton portrait est excellent, il mériterait plus de commentaire.

didier

Marine
Ce portrait, mi rêve, mi réalité, est le reflet de tes propos nostalgiques sur le désir ou plutôt le non-désir de communication des gens dans nos régions où tout le monde semble avoir peur de l'autre. Je l'aime beaucoup (sauf peut-être la petite tache blanche à gauche!)
Amicalement
JJ

Charmant jeune homme à qui tu as attribué des cheuveux à la punk de couleur verdatre...il est chouette ce portrait, il y a une belle lumière. ta note comme d'hab est très bien faite et j'approuve ce que tu veux laisser entendre...tout dernièrement j'ai fait des photos dans le train, un petit couple en train de se peinturlurer le visage s'est prêté au jeu. le voyage passe plus vite ainsi et on en ressort de bonne humeur.
amitiés
daniel

Salut Marine,

Un joli portrait, les reflets des arbres sur la fenetre du train donne du cache ici. On peu imaginer qu'il etait dans un veicule a cause du reflet flou. Apart ca tu as bien choisi ton sujet, ce un tres beau gars!

A+

Flavia

Calibration Check
















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