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Dans la sensibilité méditerranéenne marquée par le faste et l’ostentation baroque, les cimetières occupent une place patrimoniale particulière, renforcée par une approche particulière de la mort. En Italie, les cimetières monumentaux de Gênes ou de Milan constituent de véritables résumés, et de l’histoire des mentalités, et de l’histoire de l’art. Il en va de même à Nice.
Les cimetières du Château sont les plus spectaculaires de Nice tant par leur situation que par le nombre de monuments funéraires de qualité qui s’y trouvent.
Un système de terrasses permet une répartition des tombes très aérée, ménageant de spectaculaires échappées panoramiques sur la ville, la mer et le cirque de montagnes qui l’entoure.
Le cimetière chrétien du Château présente la particularité d’unir dans son enceinte plusieurs groupes nationaux, religieux et sociaux. Il est à la fois le cimetière du petit peuple du Vieux-Nice, celui des grandes notabilités politiques et sociales de la fin du XIXe-début du XXe siècle et celui des communautés étrangères formées par le tourisme hivernal (Russes, Polonais, Allemands, Anglais et Américains). De ce fait, on y trouve des tombes catholiques, mais aussi protestantes et orthodoxes.
Les consonances des patronymes gravés çà et là suffisent à le démontrer : de la Russie aux Pays-Bas, de l’Autriche à l’Angleterre, de l’Espagne à la Pologne, jusqu’à un magnifique monument d’art musulman (la tombe d’Ilhami Hussein pacha), tout un monde se découvre, au gré des symboliques propres, confondu dans la mort. Le révolutionnaire russe Alexandre Herzen (1812-1870), honoré, des années durant, par l’Union soviétique et les communistes niçois, n’est pas loin de Léon Gambetta, le grand républicain français. Loin de son époux Henri Matisse, qui repose à côté du cimetière de Cimiez, on découvre la tombe étrangement ornée de Marguerite Duthuit-Matisse, comme celle de Mercédès Jellinek (la fille du confondateur, avec Benz, de la célèbre firme automobile dont le père, éploré, choisit son prénom pour le perpétuer à travers la marque Mercédès), entre ces mêmes murs. L’écrivain Gaston Leroux (1868-1927), le père de Rouletabille, se trouve là aussi.
Quant au cimetière juif voisin, il retrace par ses tombes l’histoire d’une communauté paisiblement et très anciennement implantée à Nice. La simplicité des sépultures et leur dépouillement, quoique parfois marquées par l’architecture néo-classique, restent conformes à la tradition funéraire hébraïque. A l’entrée, un cénotaphe rappelle le souvenir des Juifs victimes de la Shoah arrêtées à Nice pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Ici l'entrée du cimetière chrétien

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Additional Photos by Georges Bartoccioni (gbarto) Gold Star Critiquer/Silver Workshop Editor/Gold Note Writer [C: 169 W: 14 N: 140] (1275)
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