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La société de consommation désigne la civilisation née au cours du XXe siècle, fondant son économie non plus sur la production du nécessaire mais sur la production du superflu. Elle est considérée comme une évolution.

Le repas a toujours été, dans toutes les civilisations un moment de convivialité, de réunion et un élément de cohésion sociale. Il n'est d'ailleurs pas difficile de constater que toutes les civilisations ont developpé au cours des millénaires des codes, des rites et des règles entourant la prise des aliments. Même les religions, sans aucune exception, ont trouvé dans le repas un prétexte à légiférer, à ritualiser et à sacraliser : sacrifice rituel, repas rituel, aliments tabous, aliments sacrés, aliments interdits, jours consacré au jeûne ou au contraire aux libations… Tout cela démontre l'importance accordées par toutes les civilisations à l'acte de manger, jusque dans le traditionnel repas de famille qui donne l'occasion de réunir les générations.

La société de consommation a détruit tout cela d'un revers de la main ! Les temps modernes sont venus apporter une nouvelle vision de la façon de vivre, dévoyée par les nouvelles structures de la société : la grande maison familiale a été remplacée par le studio ou le deux pièces en HLM, ce qui ne favorise guère les grandes réunions familiales. Comme la société de consommation pousse –justement– à la consommation, un seul salaire n'y suffit plus, les femmes aussi travaillent et plus personne ne souhaite passer du temps à préparer un vrai repas.

La société de consommation a apporté la réponse, sous plusieurs formes : les plats à emporter, les plats préparés (les apertisés), les plats congelés, les pizzas livrées à domicile et bien sûr la restauration rapide (essentiellement la pizza et le hamburger).

Ainsi le XXe siècle est-il marqué par un nouveau rapport de l'homme à la nourriture : le repas est perçu comme une perte de temps, surtout le repas de midi ; il faut que ce soit vite prêt et vite mangé. On ne mange plus pour le plaisir ou pour la convivialité, mais on mange parce que c'est nécessaire, un peu comme le conducteur qui passe à la pompe pour faire le plein de carburant. S'il reste encore un prétexte à passer plus de temps autour d'une table, ce n'est plus pour la nourriture elle-même mais parce que la nourriture est prise en otage par la système ; c'est pourquoi on a inventé des expressions comme "déjeuner de travail", "repas d'affaire" dont on devine aisément que l'aspect alimentaire de la chose est relégué à un rôle mineur.

L'organisation du travail a suivi cette évolution et la plupart des activités sont désormais basées sur la "journée continue" qui accorde une pause syndicale de 30 minutes pour le repas. Il convient de souligner que ces prises rapides d'aliments ont forcément du conséquences non négligeables sur la santé (ulcères, mauvaise digestion, prise pondérale) sans parler de la qualité douteuse des aliments industriels.

Ainsi peut-on conclure que la société de consommation a amené les hommes et les femmes à travailler plus, à avoir moins de temps libre et à négocier ce peu de temps de liberté en "achetant" des services (comme la nourriture industrielle qui épargne le temps que l'on n'a plus à préparer un vrai repas), ce qui, tout bien pesé, procède d'une certaine absurdité.
source Ekopedia

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